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Descriptif

• Janvier : descente au Niger en Land Rover perso avec Jean-Louis, un ami, en passant par le Maroc, la Mauritanie, le Mali... jusqu’à Agadez où se trouvent Issouf Maha, son accueil, ses conseils, sa famille, son campement et... son désert, l’une des régions les plus arides de la planète : Ténéré.

• Traversée du "désert des déserts" en petite équipe dans le Land jusqu’à Bilma, une oasis au fond du Ténéré, en suivant le tracé de la Taghlamt (ancienne et célèbre caravane de sel des Touaregs).

• En accompagnant une petite équipe, traversée du "désert des déserts" jusqu’à Bilma, une oasis saline à l'Est du Ténéré, en suivant la piste classique de la Taghlamt (ancienne et célèbre caravane de sel des Touaregs).

• Puis le prétentieux que je suis compte le retraverser d’Est en Ouest en passant un peu plus au Nord, pour ensuite remonter dans les contreforts orientaux du Massif de l’Aïr (fief du peuple Touareg), tout ça en solitaire et à pieds, en autonomie complète, sans véhicule ni chameau suiveur, ni guide ni autre forme d’assistance si ce n'est 
celle éventuelle due aux hasards des quelques rencontres probables... soit environ 800 km sur un mois et demi d’immersion désertique avec  un simple "traîn-eau".

• Si tout se passe bien, une poignée d’amis accompagneront mon ami targui Issouf pour me récupérer dans le Nord de l'Aïr.  Puis ce sera le retour vers l’Europe, de nouveau en Land Rover (Niger, Mali, Mauritanie, Sahara Occidental, Maroc...)

Tout seul dans le désert, quelle drôle d’idée ?

Lorsque je pars pour une marche en solitaire au Sahara, ce n’est pas pour tenter un exploit qui ne dure que le temps des honneurs, loin de là.

Par contre, l'apprentissage, les approches physiologique et  psychologique sont très nettement plus enrichissants.

Sur l'aspect sportif, ce mode de transport ne requiert pas une carrure d’athlète. Beaucoup de vigilance, une grosse motivation, une bonne dose de volonté, de préparation technique et mentale sont  préférables. Et il est conseillé d’aimer le désert...

La planète foulée dans ces endroits comporte très peu ou pas de traces humaines, si ce n'est quelques ateliers néolitiques. Sentir l’échelle humaine du temps rétrécie à ce point donne à celle  planétaire une sacrée force qui pousse obligatoirement le petit  marcheur à la modestie ! La vie d’un être vivant y est d'autant plus précieuse, si fragile, si courte, si éphémère.

"Le désert est un pays simple où tout est compliqué", dit-on. J’aime me retrouver complètement seul avec le désert, sans rien d’autre que ce qui en émane. Du haut de mes très modestes connaissances sur ce milieu, je cherche à le vivre de l’intérieur, en profondeur et en douceur, à 100% de ce qu’il voudra bien me faire partager (et qui me sera perceptible...). Je ne connais aucun autre moyen pour arriver à  vivre avec une telle intensité ces émotions uniques, seul au milieu  d’un espace si authentique, immense, intemporel et immanquablement  fatal à toute forme d’arrogance. L’esprit de conquête n’y a pas sa  place.... d’autant que je suis très loin d’avoir l’expérience de ceux  qui le vivent tous les jours.

Puis les habitants qui se sont adaptés à ces environnements me  fascinent. Qu'est-ce qui peut bien les retenir ces nomades dans des régions aussi arides ? Leurs simplicité, leur accueil et la 
philosophie de vie qui les animent forcent le respect et mon admiration. J’aime prendre leurs leçons sur ce qui touche l'essentiel.

De nos jours, nous ne pouvons plus parler d’approche d’un milieu  extrême sans systématiquement penser assistance et sécurité. Je ne dis surtout pas qu’il faut les négliger, mais il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse qui ne fait que nous éloigner de certaines valeurs enrichissantes pour la construction d’un être humain et nous rapprocher insidieusement de l’irresponsabilité et du 
dû normalisé.

En apprenant à bien se connaître (honnêtement, sans faux-fuyant ni mensonge!), il est possible de plonger dans ces milieux sans toute fois risquer sa vie autant qu’on pourrait le croire ; c’est une  question d’apprentissage progressif au fil du temps, des expériences,  de volonté et d’attentions constantes sur place, où de toutes façons, comme le rappelait souvent Maître Théo (Monot), rien ne servirait de se plaindre puisqu’il n’y a personne pour nous entendre... Alors on se tait en acceptant et en continuant avec la douleur (sans pour autant en ignorer les causes).

Il est vrai que généralement, comme les montagnards ou les marins, les habitants du désert rappellent constamment qu’il ne faut jamais partir seul. Sur place, à combien de visages perplexes ou soucieux ai-je pu dire au revoir en m’enfonçant seul et à pied dans le désert,  comme Jemale, un maure avec qui j’avais sympathisé en voyageant sur un taxi-brousse. J’apprenais par la suite qu’il était franchement  inquiet depuis quelques jours, sachant que je croisais à une centaine de kilomètres de chez lui avec une température supérieure de 10°C à la normale doublée d’une tempête de sable... Par contre, à mon retour, il m'avait adopté, sa confiance en moi s’était affirmée, une fascination silencieuse commune pour son désert nous rapprochait... et ça fait chaud au cœur!

Pourquoi le Ténéré?

Les possibilités d’immersions solitaires et désertiques sont nombreuses. Mais cette fois, j’avais très envie de partager. Jean-Louis Etienne écrivait après sa traversée en solo jusqu’au Pôle Nord : "les aventures en solitaire favorisent une bonne qualité de relation avec soi-même, et de ce fait avec les autres". Cette devise est le maître mot de Ténéré Solo.

Pour partager, il est quand même préférable de parler de quelque chose de représentatif aux yeux de ses interlocuteurs potentiels. Le Ténéré est un symbole, une légende, une référence. Des histoires plus ou moins terribles ou fantastiques, presque mythiques, résonnent en  nos mémoires. En chapeau du site Ténéré Solo, des signes tifanar (écriture targuia) en arrière plan du titre signifient : "il vaut  mieux aller voir que d’entendre parler". J’ai pris ce dicton targui comme une invitation, je vais effectivement aller voir... et tenter de raconter.

Seul pour mieux communiquer...

Pour mieux partager (et c’est une première pour moi), je pars avec un téléphone satellitaire qui me sert à animer un carnet de route quotidien sur le site, avec quelques photos (si la technique n’est  pas trop capricieuse...). Il est ainsi possible aux écoles (mordus de  rando ou d'Afrique, et autres curieux sont les bienvenus aussi) de  suivre ma petite expé(rience) et d’y laisser quelques interrogations ("Sous la rheïma") auxquelles j’essaie de répondre durant la  traversée, ce qui me permet aussi de partager la partie Ténéré en adoucissant la partie Solo...

Au milieu de rien, un simple petit peu prend toute son ampleur. Le  superficiel est condamné. On est rapidement amené à faire le choix de ce qui est indispensable dans ce qui n'est qu’indispensable... Les sahariens ne le savent que trop bien. En bref, c’est une bonne douche  pour l’occidental que je suis, que nous sommes. Rentré chez moi, je ferme le robinet quand je n'ai pas besoin de l’eau qui en coule...

L’un des objectifs du suivi en ligne de cette traversée du Ténéré est  de sensibiliser (essentiellement) les enfants, par le biais des écoles qui le souhaitent, sur les problèmes que connaissent les habitants des pays sahariens (sécheresse croissante, absence de pâturage pour les nomades, surpopulation dans les zones limitrophes,  gestion de l’eau...), et d’ouvrir une porte initiatrice et de découvertes sur les différents peuples, les animaux, la flore, et le désert..